11/05/2007

Amorphe.


J’ai les mots pauvres. J’ai les mots maladroits.
J’ai les mots trop fréquents pour être précieux. Et trop hésitants pour être présents.
J’ai mal aux mots.
J’ai les incompréhensions récurrentes. Les lignes rigides me cassent l’ondulation des clefs de chants fleuris.
J’ai des problèmes d’accommodations aux mots, depuis 30 ans.
C’est incurable. C’est exceptionnellement mortel ; heureusement ! c’est tellement banal.
J’oscille entre les sons précipitant les sens. Dans mon corps cristallisé sur Sol généreux, La où il n’y pas besoin de dictionnaire.
Je ne comprends pas les gens qui écrivent. J’ai longtemps persévéré et même cherché preuve de nos existences. Je n’y suis pas parvenu.
Je ne suis pas apte à l’assimilation linguistique. Je suis une dyslexique asymptomatique. Je suis une symphomaniaque sur clavier bi-colore, accordée les jours de silence.

Morphe : subst. masculin
« Élément phonique à valeur significative et qui ne peut être analysé en éléments phoniques significatifs plus petits. »

Amorphe : adj et subst.
« Qui n'a pas de forme apparente ou de structure déterminée. »



Il faut toujours beaucoup de mots pour définir un mot.
Chaque goutte forme la pluie ; combien de mots faudrait-il juste pour une goutte ?
La pluie est bien d’avantage qu’une somme de gouttes. Combien de mots faudrait-il pour expliquer la pluie ?
Les mots sont trop nombreux, les mots sont trop peu.
Les mots me manquent souvent. Comme un amour perdu.


21:43 Écrit par skoliad dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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