28/05/2007

Mes subjectivités à Düsseldorf.


La ville grise m’attendait sous la pluie que quelques rayons de jazz adoucissaient. Les wagons m’ont projeté au cœur des années 60, avec la tristesse en plus. J’y ai vu autant de femmes pleurer que d’hommes bière à la main ; à Düsseldorf les gens se noient du quotidien trop riche et trop pauvre. Les maisons luxueuses accueillent des gardes robes mornes et tristes. Elles sont lisses comme les morts aux alentours. Les conducteurs sont pressés, ils travaillent. J’ai senti le goût acre d’une ville sans joie, d’un pays dont même la langue est une agression pour l’oreille. Je plains les habitants de Düsseldorf malgré le jazz. Si je retourne au village des crétins un jour, j’y prendrai un amoureux pour mettre du rose à mes yeux. Düsseldorf manque de rose.

decoration

23:54 Écrit par skoliad dans Routes et croisements. | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

11/05/2007

Amorphe.


J’ai les mots pauvres. J’ai les mots maladroits.
J’ai les mots trop fréquents pour être précieux. Et trop hésitants pour être présents.
J’ai mal aux mots.
J’ai les incompréhensions récurrentes. Les lignes rigides me cassent l’ondulation des clefs de chants fleuris.
J’ai des problèmes d’accommodations aux mots, depuis 30 ans.
C’est incurable. C’est exceptionnellement mortel ; heureusement ! c’est tellement banal.
J’oscille entre les sons précipitant les sens. Dans mon corps cristallisé sur Sol généreux, La où il n’y pas besoin de dictionnaire.
Je ne comprends pas les gens qui écrivent. J’ai longtemps persévéré et même cherché preuve de nos existences. Je n’y suis pas parvenu.
Je ne suis pas apte à l’assimilation linguistique. Je suis une dyslexique asymptomatique. Je suis une symphomaniaque sur clavier bi-colore, accordée les jours de silence.

Morphe : subst. masculin
« Élément phonique à valeur significative et qui ne peut être analysé en éléments phoniques significatifs plus petits. »

Amorphe : adj et subst.
« Qui n'a pas de forme apparente ou de structure déterminée. »



Il faut toujours beaucoup de mots pour définir un mot.
Chaque goutte forme la pluie ; combien de mots faudrait-il juste pour une goutte ?
La pluie est bien d’avantage qu’une somme de gouttes. Combien de mots faudrait-il pour expliquer la pluie ?
Les mots sont trop nombreux, les mots sont trop peu.
Les mots me manquent souvent. Comme un amour perdu.


21:43 Écrit par skoliad dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |