04/07/2007

Ceux-là qui portent le même nom que moi.


Ils m’appellent, fort. Quand rentres-tu ? Ils n’y a qu’eux pour me dire ça, même moi j’ignore l’exacte latitude de mon chez-moi. C’est sûrement pour ça que je les aime. Et puis ils sont l’enfance, les noëls partagés, le nez de la lignée. Ils sont un endroit. Ils sont un refuge en montagne, un phare Breton. J’y rentre donc, ils sont une pièce de chez moi. Il y a la mère, les sœurs, les grands-parents, les oncles et tantes. Ils sont le même, chacun. Une grande et lumineuse chambre, un sombre couloir, un grenier merveilleux, une cuisine odorante, des vacances à la plage. Des jeux et des gourmandises, un toit toujours, dix toi avec une même charpente. Ils sont là, même là-bas. Ils sont absents ou est-ce moi ? Ils sont là là là comme moi. Ils m’appellent, j’arrive, une petite minute encore et je viens me réchauffer à vous. Vous donner mon feu et ma joie. Je venais, je reviendrais, je viens, je suis revenue.


23:44 Écrit par skoliad dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

02/07/2007

Les grandes révélations de la vie.


Il y a les gens que l’on rencontre. Et puis les autres, ceux que l’on côtoie. Il y a les ponts et les ravins. Et même parfois des trucs indéfinissables et sans fond, sans fondement. C’est la sociabilité professionnelle et boulangère des sourires aimables qui n’iront jamais plus loin. Sans que l’on puisse savoir pourquoi. Tout de même, avec le temps, on augmente la probabilité de trouver l’exact point d’un désaccord profond et inaliénable. Je viens d’en faire l’expérience avec une petite phrase lâchée au hasard :
«Le jazz me fait mal aux oreilles. Les notes dissonantes de cette musique m’agressent tellement que je n’avais plus qu’une envie : éteindre cette chaîne Hi-Fi».

Je ne suis vraiment pas fan de Jazz, mais tout de même mon cœur a bondi comme mon sourcil gauche : je venais de comprendre ce qui me sépare à jamais de cette personne : le Jazz. La foudre divine m’aurait frappé que l’effet n’aurait pas été plus grand. Héroïne de BD je me serais allumée une ampoule géante sur la tête.
Globalement cette grande découverte ne change absolument rien. Avant même de trouver un argument objectif pour ne pas aimer les gens, le corps, lui, sait, d’emblée. En une somme d’informations inconscientes qui forme l’instinct, le ressenti, les réactions cutanées et nasales, les raccourcis cérébraux et les préjugés. Mine de rien ça marche, malgré nous. Certaines sociabilités demandent la proximité d'une caisse de supermarché. C’est comme ça.

A moins que ce ne soit justement l’à-priori qui ne nous fasse guetter les lumières dans la nuit. Avec la vie, faut se méfier des grandes révélations.


17:04 Écrit par skoliad dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |