19/08/2007

Spectateur.


Je passe des heures sur le balcon. J’y vais pour fumer et je reste là, longtemps après le coucher du soleil, quand les salons du voisinage s’allument. La vie des autres, en fenêtre sur cour, met des accents circonflexes à mes sourcils. C’est de la télé réalité sans la télé, en plein dans la réalité des circonstances quotidiennes mais résolument via l’imagination du spectateur. Regarder, se faire voyeur des gens d’en face où je me perds par les yeux et la rêverie, des nuits entières. Comme pour rendre le monde plus rassurant ou plus effrayant, je ne sais pas très bien. Des fenêtres miroirs, des hublots par où je m’aperçois en ombre mal définie. L’image d’un reflet superposé qui ne me permet même plus de confondre tout à fait. Mais je reste là, encore un peu, le mégot éteint. A ne pas savoir vraiment ce qui se passe.
 

 

fuites,

Je ne suis pas plombier. J’ai plutôt bien choisi ma voie puisqu’en l’occurrence mes étanchéités laissent à désirer. D’ailleurs je suis nulle en bricolage. Car enfin, comment faire la différence entre un pas pour avancer et un pour s’éloigner, en vrai, hein ? Je ne nie pas la problématique des inondations domestiques, je songe simplement à la difficulté de les identifier, concrètement. De toute façon on a tous nos petites hypocrisies, une petite fuite de temps en temps, plus ou moins consciente, plus ou moins remarquable, les siennes et celles des autres, toutes hautement inexplicables. Ceux-là même qui veulent nous en apprendre sur la conjugaison du verbe assumer, deviennent d’ailleurs rapidement insupportables. Ils concrétisent bien trop sûrement l’intolérance à l’imperfectibilité qui nous rend beaux. L’humain fuit de toute part et ça donne parfois de belles avancées.

 

et actes. 

J’attends demain, lundi. 

20:03 Écrit par skoliad dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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