01/12/2007

Le paramètre temporel.

 

Ca commence avec les oiseaux. Un brouhaha de chants, le sifflement de Jacob – le perroquet gris du jardin, un mélomane qui aime particulièrement Star Wars et Fifi Brin d’acier – les drôles d’opéras de volants jamais vus, les échos sifflants à plumes. Entre 6h15 et 7h, précisément. Un vacarme quotidien et ponctuel. A 6h c’est encore l’aurore, l’aube humide de la brume au-dessus de la jungle que le jardin domine, l’orangé-gris sur le noir des cimes que l’on entraperçoit dans une trouée végétale. A peine une forme, déjà les rayons percent. Et la fanfare commence. Sauf insomnie, c’est à cette heure-ci que tout commence. Tout je veux dire la vie bruyante, comme si le bruit était tout, pour moi, vivante. Tout, je veux dire la journée. Le cycle primaire lié à notre situation satellitaire autour d’une étoile.

Je me lève, il n’est pas 7h. La brousse a ceci de réjouissant : les réveils mécaniques n’ont aucune utilité.Café sur la terrasse.Je pars travailler, il est 7h30.Je travaille.Il est midi, le soleil passe légèrement au nord.Il est une heure ou deux, je rentre déjeuner. Je repars, je travaille.Quelque part derrière mon travail, le soleil se couche. Les oiseaux, encore eux, sonnent les vêpres.Je rentre, il fait nuit depuis longtemps. A la pleine lune il n’y a pas besoin de lumière supplémentaire. Le chemin surgit entre les tons gris-marrons des ombres. Les nuits sans lune, le ciel montre des dessous de cartes inconnus pour mon âme du nord. Et entre les deux, l’astre de la nuit n’est plus un croissant mais un sourire qui s’affirme. La lune sourit de ce côté-ci. Sur ma route, les lucioles me guident. Elles sont les cents lampadaires du bas côté des herbes hautes. Un ou deux petits feux s’éteignent doucement. Les humains aux alentours dorment presque tous. Ils s’étonnent quand on leur dit qu’on se couche à 23h, quelque part sur le même fuseau horaire. Le temps, ici, n’est pas le même ; le temps, là-bas, est identique. Un liquide, un gaz qui court et s’immobilise, en même temps. La journée du tout est déjà finie. Des touts qui se superposent à une vitesse vertigineuse. Moi, pauvre, je ne suis pas la cadence. Je suis en avance, c’est-à-dire à l’heure, des rendez-vous congolais. Je suis en retard, c’est à dire ponctuelle, du monde du temps derrière ou devant, du temps qui ne m’existe plus ou pas encore, de celui de l’autre côté de l’équateur, beaucoup plus haut sur les cartes, trop haut pour mon cou et ma vue. Celui-là même où il neige sûrement derrière les grandes horloges, sur les clochers, sous les vitres embuées des boules à tour de Londres. 28 nov. 07 

16:01 Écrit par skoliad dans RD Congo | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Mais non tout là haut, au dessus de l'équateur, de là où je vois ta frimousse nous regarder dans le froid, non la neige n'est pas encore tombée, mais elle laisse place en premier lieu à la pluie et au froid !!
Loin de ta pluie chaude des tropiques !
Echarpes et mouffles sont de sortis, 16h45, il fait tout nuit, pourquoi n'est je pas de cheminée...?
On pense fort à toi et j'attend de te lire avec impatience et hâte !!
A quand le prochain chapitre ?

Gros bisous tout frais de la grisaille parisienne ;o)

Écrit par : titi | 03/12/2007

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