17/12/2007

Blues mécanique.

Je suis un bulldozer.

Je suis une pelleteuse parmi d’autres tracteurs.

Nous autres, tracks immenses, avançons tout droit.

Tout droit à travers tout le non-droit de nos principes destructeurs.

Nous sommes efficaces, nous sommes constructeurs, nous sommes loi.

Autour de moi le vacarme des moteurs m’empêche d’entendre les oiseaux.

Nos diesels dégagent un brouillard cachant ce que nous écrasons, sans doute pour nous protéger.

Je suis un bulldozer, je suis une pelleteuse, je suis programmée au travail porté par mon ordre de mission.

Je suis increvable car je suis nombreux, je suis des bras, des jambes, des rouages d’une gigantesque machine au cerveau européen.

Je suis inusable car je n’ai pas encore inventé ma mémoire. J’ai un passé pourtant, et un futur, probablement. Mais aucune de mes cellules ne sait le tout, même dans le présent.

Je suis un réseau bien contrôlé, je suis un réseau incontrôlable.

Je suis des impulsions, je suis des rêves, je suis des réalités, je suis des réflexions. 

Je suis nerveuse, brumeuse, solide miroir.

Je suis une association organisée de cellules semi-autonomes ; je suis un corps fonction, je suis un objet équation. Je suis modélisable, explicable, rentable même. Je suis une application mathématique. Descartes est content j’espère, ce con.

 

Paillotte

Photo 023

Photo 026

Photo 038

Blinders 2

 

Et toi qui me lis à travers ton propre réseau, tu me comprends ; ou pas. D’ailleurs que comprendre ? Que le monde des yeux se lit sous toutes les coutures, humaines ou pas, tu m’as pas attendu pour le savoir, hein. Tu prends de ce que j’offre du bout de ton cortex, et c’est déjà pas si mal. Pendant ce temps, promis, j’essaye de tendre vers l’autre, qui est toi aussi. Et c’est pas simple, en toute honnêteté. Quand on est un bulldozer. 

15 déc. 07

13:22 Écrit par skoliad dans RD Congo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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