16/04/2008

Ha ! Le petit vin blanc…


Après 2 jours de voyage, quelques heures d’embourbement, un vol sur une compagnie black-listée, je suis à Kinshasa. Le chauffe eau est vide, la douche chaude sera pour demain. Je file rejoindre les autres pour une sortie. On m’emmène dans un bar « d’expat ». Du blanc et du hard-rock, de la fumée dans le lieu bondé et surchauffé. La caipirinha et le joint me tourne la tête, je dois sortir. Je ne supporte plus la foule. Je suis à la limite de ma tolérance humaine. Je me réfugie dans le jardin, devant la piscine illuminée, à l’écart des couples qui se bécotent dans l’ombre. Les collègues ne comprennent pas bien. J’explique en rigolant « La brousse, ça rend un peu bizarre ». La brousse à bon dos, en l’occurrence je suis une femme bizarre, généralement. Toujours est-il que demain je suis à Paris, va falloir assumer.

Arrivée dans la capitale, mon sac à dos est explosé. En voilà un qui refera pas le voyage retour. Dans le train,  je vois le paysage défiler, pendant un instant c’est comme à travers un écran télévisé. Je vais me retourner et être en lieu sûr, à Lubutu. Je vais entendre les oiseaux et les bruits du silence de la brousse. Un instant seulement je vois étrangement les paysages de banlieue. Je vois les paysages urbains étrangers. Et puis juste après, je suis là, à Paris. Chez moi. Chez moi ? Où c'est déjà ? Ha! Oui, en Europe, parmi  les Européens, dans des trains. Arrivée à l’hôtel, je file dans la baignoire brûlante. Un petit miracle, en soi. Ce soir on se gave de fromages, baguettes, pizza, vin rouge et pâté. Bon sang, que c’est bon !

Au petit matin, je prends le métro dans la lumière blafarde des réveils hagards. En passant sur le pont suspendu au-dessus des voies ferrées, le train s’arrête. Coupure d ‘électricité. Juste là, en face de la gare du Nord. Suspendue sur les rails. Dans un train au-dessus des trains. Quelques secondes encore. Et puis tout revient : la lumière électrique, le mouvement. Pourtant quelque chose a changé. Je me retourne pour vérifier. Non, tout semble à sa place. Quelle que soit la place, tout semble normal. Et pourtant. Ça se résume à ça, quelques secondes dans des trains. C’est pathétique. Et pourtant. Quelque chose a changé. Quelque chose. A changé.

Ce soir, j’écris. J’ai des envies d’écrire comme d’une glace citron. Pour me rafraîchir. Parce que c’est pas la saison. J’ai des envies d’écrire, comme une obsession. Ce soir, je bois un petit vin blanc pas dégueu pour me rappeler comme c’est bon. Et pourtant. Pourtant.

 

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