05/08/2008

Prolongations avant 3ème mi-temps

 

Neuf mois de mission, s’aurait été un enfantement. Naître de ma présence. Etre et puis revenir au monde. Celui que je connais. Accoucher de mon travail, m’en libérer enfin. Finir, achever quelque chose, comme un cycle de vie. Oui, ça aurait été bien, revenir le 8 du 8/08. Une boucle bouclée, facilement.

 

Je prolonge 3 mois, normalement. Si je tiens encore. Ça me paraît un peu surréaliste. Rester, encore. Prolonger comme mettre un point de suspension final. Comme une impossibilité de tourner le dos. Ou peut-être comme une impossibilité de retour immédiat. Chez les blancs, j’aurais tellement à faire. Me trouver un toit, par exemple. Il me reste si peu d’énergie, finalement. Trop peu pour l'occident surexcité. Comment rester encore ? me direz-vous. Comment rentrer et où dormir, hiberner en plein été, 2 mois consécutifs ? me dis-je. Alors je me laisse entraîner par le cours des événements. Pour limiter ma prise de décision. Restes ! Oui, d’accord.

 

Un an. Carrément. A Lubutu, au milieu de rien, à 200 km minimum du premier trou perdu, dans la brousse, comme coincée là, avec un pas grand chose qui ressemble un peu au rien, sans autre fenêtre que les passages de l’extérieur, tiens il paraît que le président français a épousé une chanteuse. Un an de ma vie, là. Un an, des dizaines de semaines, centaines de jours, milliers d’heures, millions de secondes. Là.

Et je ne sais plus très bien pourquoi. Je suis là. Je reste Là.

Juste maintenant je ne sais plus tout ce qui me fait rester. Il doit y avoir quelques chose, j'ai su ce quelque chose. Je n'arrive pas a vous en parler, de ce qui me fait rester, loin de vous. Par peur que vous ne compreniez pas, ou que vous compreniez trop bien. Ce que moi même je ne comprends pas et ressens si bien.

 

Enfin, avant, tout de même, je décompresse une semaine au Rwanda. Histoire de retrouver l’élan. Pour 3 mois de plus.

 

 

10 juil. 08

14:28 Écrit par skoliad dans RD Congo | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

y a des phrases de moin, qui ressemblent aux contraires, genre: "Enfin, avant, tout de même, je décompresse une semaine au Rwanda. "

vie bien! je pense à toi.

Écrit par : Mil' | 07/08/2008

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