29/09/2008

Paradigme 3-alpha du monde selon Skorp.

C'est le contexte. Ou plutôt le changement de contexte. Ça fait ressortir les choses du dedans. Chez les autres, forcement ça se voit bien. Chez moi, aussi, y a pas de raison. Le pire et le meilleur viennent, des autres et de moi. L'isolement, la promiscuité, la perte de repère, le manque de temps, le manque de pause,  la fatigue, tout ça. Ça dévoile beaucoup de nous. Parfois tu t'étonnes de ce que tu fais. Tu gères bien. Wouah, j'ai été capable de faire un truc comme ça. Comment j'ai bien réagis! T'as vu ça, hop, comment j'ai assuré sur ce coup-là ? J'suis vraiment trop maline, et en plus je suis belle et spirituelle, riche de mes expériences, j'ai foi dans l'avenir. C'est le pied. D'autres fois tu foires carrément. Tu passes à côté de l'important. Putain je suis trop con. J'ai clairement mal percuté la situation. T'as vu ça, j'ai tout raté. Je suis nulle, moche et vieille, pauvre et désespérée. C'est la merde. Le plus souvent tu tâtonnes entre les deux. C'est l'impro totale, mi-réjouissante mi-angoissante. Tu sais pas très bien si t'es dans le bon ou pas. Et t'es même pas donné l'occas de te poser 5 min pour cogiter sur le bon et le bien du problème. On n'a pas le temps, nous Monsieur, avec nos 60h de boulot semaine de se poser des questions métaphysiques. Y a pas de réponse de toute façon, c'est rassurant.

C'est comme partout, en fait, mais un peu pas pareil, tout de même. C'est exacerbé. Ou alors c'est la perception que l'on en a qui est accrue. C'est condensé. Oui, c'est ça, c'est une question de densité de la chose. C'est la pression que tu mets là dessus. On fait des trucs Importants, tu comprends. Les implications de nos choix. La gravité, le sérieux. On est des gens essentiels, on sauve le monde, nous, pendant que tu bois ton thé bio dans ton bain moussant. De la connerie, encore, qui nous permet de tenir un rythme de dingue en étant privés d'apéricube goût piment. Mais c'est pas souvent qu'on s'en rends compte. On se prends trop la tête.

Ou alors c'est juste la fatigue.

Sûrement.

 

L'Afrique m'aura au moins appris ça. Je suis visiblement plus belle quand j'ai la pêche. Le reste du temps j'ai une jolie couche de connerie incrustée, que même monsieur propre en viendra pas à bout.

 

09:25 Écrit par skoliad dans RD Congo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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