25/01/2009

Lettre d’amour.

 

Dans ma boite à souvenirs, il y avait, comme il se doit, des échos d’amour lointains, résonances de l’objet ou de la chanson. C’est une boite à souvenir multifacettes. Physiquement ça représente mes 15 cartons et 3 disques durs, l’intégralité en fait de ce qui a dormi dans une chambre d’enfant pendant 2 ans. Une grosse boite à souvenirs, donc. Dans lequel je me plonge allégrement depuis un mois. Ça peut paraître long. Ça ne l’est pas, j’ai une bibliothèque musicale plus fournie encore. Déjà. Rien que ça. Quelques livres aussi. Bon. Et puis, il y a le plaisir. Oui. Disons-le franchement, le plaisir particulier, solitaire et continu d’une intimité redécouverte. Une jouissance quotidienne de moi-même par moi-même en moi-même. Une masturbation jubilatoire à travers les âges, mes âges. Une sensuelle immersion en moi en somme, comme de larges sourires dans mes miroirs retrouvés, des caresses en forme de pages. Des minuscules riens, arrivés là par hasard dans doute, des papillons dans le ventre, des clins d’œil entre moi et moi. Des cartes postales, des lettres, des lettres d’amour, et même un brouillon d’une des miennes. Car si je peux être une amoureuse impulsive dans le ton et le fond, je peux parfois révéler une véritable obsession de la forme. Je calligraphie des lettres parfumées, que je cache dans les cabines téléphoniques. Oui. Alors vous pensez bien que je ne tolère aucune rature fortuite à ce genre de littérature. C’est comme ça, une forme de rigidité sans doute. Peut importe de toute façon, il se trouve que ça me laisse des brouillons, que je retrouve dans les boites à souvenirs quelques années après.

C’est l’expérience de se relire déclarer son amour, des années après la fin de l’histoire. Son visage est flou. Les détails m’échappent. Et je retrouve là, intacts, les sentiments déjà éprouvés.

C’est l’éclat particulier de chaque objet qui m’entoure, des choses retrouvées qui pétillent encore d’impatience. Déballez-moi, là, tout de suite.

C’est une lettre d’amour enveloppée dans un appartement.

C’est la lettre d’amour que je me suis offerte.

 

18:46 Écrit par skoliad dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

18/01/2009

Arts ménagers.


Un truc aussi con que du papier toilette. Je crois. Ou du liquide vaisselle. C’est la même chose. Une multiprise, donc. Pour le frigidaire. Et la bouilloire. A côté du cendrier en verre. Utile, le cendrier. Et joli. Des rideaux. Depuis quelques semaines, je suis La ménagère de moins de 50 ans, digne de ce nom. J’ai même une balayette. Oui. Je vais faire mes courses, je lave la vaisselle et le linge. Je monte des meubles Ikéa. Je fais de la soupe. Parce qu’il fait froid. En plus. Heureusement j’ai mes jolies bottes. A côté de ma penderie. J’ai retrouvé plein de robes. L’envie de les mettre était dans le même carton. Et mon disque dur. Ha ! Le disque dur ! Une boite à souvenir de 500g, un vrai choc. Un caillou en forme de cœur, des cartes postales, des images, des tickets d’entrée et d’avion, un porte-clé, une tasse fraternelle, des photos, des adresses, des bons de réduction, des agendas, des bijoux, ma boite à bobo, mon vibromasseur, une collection de bas, du vernis à ongles, une trousse à couture, une mallette de bricolage, 534 stylos, 67 crayons de couleurs, 9 gommes, 142 trombones, 3 taille-crayons et une agrafeuse. Ouais, du sucre candi, ça a commencé comme ça. Je crois.

 

18 janv.-09