18/02/2009

Panoptique de l'échec.

Vision anar désabusée.

 

Carcéral, féodal, anal, toute une série d'adjectifs en al ou alisé selon l'usage des écoutes tribord. A Londres j'avais découvert les caméras omniprésentes. Chez moi, au bout du câble réseau, je découvre nos vies privés étalées, rumorisés, traquées par les robots Google. Un espionnage normalisé, standard d'un monde qui n'a plus rien d'anonyme. Ou quand la liberté échoua sur les récifs de l'autocontrôle ou, en l'occurence, de la servitude de nos périphériques et de nos protocoles. La douce voix (ou voie peut-être) d'une sage anarchie ne résiste pas à l'assaut des foules emberlusconisées et les symptomatiques réality shows ne présagent rien de bon. On est potentiellement quelques milliards a pouvoir jouer les acteurs gratos. Le marché de l'apprentissage de la toile est porteur, la crise va même aider un peu. On finira tous au paradis matte-moi-un-peu-ça.com de 8h à 22h. Big Brother, comme le numéro 1, pardon de dévoiler l'intrigue, c'est nous, avant tout. Prisonniers et gardiens se confondent quelque soit la réalité sociale, communautaire ou historique. Société, le mot est lâché. Rien de plus, rien de moins. La particularité ne réside finalement pas tant dans la virtualité du groupe mais plutôt dans la naïveté en la matière de ses citoyens et par conséquent de la législation – qui reste encore très couleur locale. Car si la question « Confession » choque encore sur le bulletin d'inscription d'une école soit disant laïque, l'exploitation depuis Hongkong de nos goûts en films porno ne semblent pas nous décourager outre mesure. Pire sans doute, il est un nouveau moyen d'accès à notre quart d'heure de célébrité mondiale.

C'est l'histoire d'un monde binaire, c'est la douce illusion des cerfs an-alpha-bêtes HTLM, c'est l'oubli de ce que nous n'avions jamais appris, c'est la vision désabusée d'une anarchiste qui croyait très fort à la liberté.

 

 

18 février2009

06:36 Écrit par skoliad dans Des raisons de révolte. | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

s'il y a bien un lieu où la liberté vit encore. C'est là.

Mais si tu parles de celle-là, l'autre, alors tout le monde sait qu'elle est un mirage et qu'on s'amuse autant que possible avec.

Écrit par : Le visage flou | 21/02/2009

La liberté virtuelle, c'est tout ce qu il nous reste ? Et encore, je cherche ôu elle se cache dans cet univers ultra controlé, par tous.

Écrit par : Sko | 07/03/2009

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