16/07/2009

Depuis que argent est devenu un verbe d'action.

 

Mes clients font, en moyenne, moins de 2kg. En euros/kg/min, mes prestations sont très bien payées. Pourtant, en cette veille de vacances, je peux dire que je les aime tous, pour ce qu'ils sont, chacun à sa manière - celui qui paye le projecteur, les triplés qui assument le loyer, le joli métis qui offre les billets de train... Je suis une sorte de nanny-girl qui peut se permettre d'aimer le consommateur. Je dispense ma tendresse, allègrement, en calculant les bénéfices tarifaires. Un biberon, par exemple, me rapporte autour de 8 euros. On peut rajouter quelques sourires, pour 8 euros. Et même un p'tit câlin ou une caresse sur le dos. Je suis payée pour prendre soin, substitut maternant, geisha pédiatrique à l'art délicat non dénué d'esthétisme. Je suis artisan du détail, je loue mes mains et leur savoir faire, mon corps et mon attention, à ces gosses que j'aime, sous toutes les coutures, pendant 11h, 3 ou 4 nuits par semaine.

 

Juil 09

 

Flash back.

 

 

J'ai 15ans, 25 ans, 35 ans. Le coeur accroché sur les mêmes ridims.

J'ai 15ans, j'ai 75 ans, et préfère faire l'amour que le déclarer.

 

¤ ici photo punk de moi ¤

 

 

 

 

00:46 Écrit par skoliad dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

14/07/2009

Surprenant de simultanéité.

 

 

http://meme-heure-quelquepart-ailleurs.blogspot.com/

 

 

Merci Milady.

 

 

10:43 Écrit par skoliad dans Autres fenêtres. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/07/2009

La révolte des canines.

 

Ce matin j'ai fait mes courses. Depuis 2 jours, mon frigo est la parfaite illustration d'une crise de l'offre nulle sur la demande insistante. Part de marché à la baisse, clientèle perdue, récession du ventre qui cri famine, émeute devant le corps éventré du paquet de pâte. Le peuple des tubes en colère, j'ai dû me résoudre à prosterner ma carte de crédit devant l'autel du dieu abondance. Or, quand je me suis enfin décidée, j'avais faim. Il ne faut jamais faire les courses le ventre vide, c'est bien connu, mais, crise oblige, j'ai suivi les priorités. J'avais faim, cela n'a fait qu'empirer le long du chemin. J'avais envie de mordre, de croquer, de dévorer, d'arracher. J'avais une faim de dents de loup, une faim d'écorce, de cuir, de sable. J'aurais mangé les murs et les toits. Et qu'ai-je trouvé au supermarché alimentaire ? Du mou, du liquide, de l'eau surgelée. En conserve, en poudre, au rayon boulangerie et à la boucherie. Du yaourt au fromage, la viande hachée, les petits pains au lait, les crèmes, les raviolis et les saucisses, la lessive liquide, les jus de fruits encore plus doux que les jus de fruits, les boissons énergisantes. Du mou ! De l'eau ! Une table entière de pâtés dégoutants ! Ecœurant. De la bouffe pour neurasthéniques complaisants, du pré-mâché et même du pré-digéré. Du déjà vécu, mort et en voie de décomposition. Des charognes sous film plastique. J'ai eu froid tout à coup dans ce complexe mortuaire, ou était-ce juste l'air climatisé ? J'ai pressé le pas vers la vie chaude et épaisse.

Ce soir mon frigo est plein. Des glaces triple chocolat, du beurre salé. Et j'ai toujours faim. Je pense attaquer le plancher avant le petit matin.