30/09/2009

Les grandes blagues de l'administration, suite.

Dans la longue liste des aléas administratifs que l'on peut subir dans une vie, aujourd'hui je propose la carte communale Belge. L'histoire de la carte communale Belge commence le 1er décembre de l'année dernière, date de mon arrivée officielle dans le pays et donc la commune. Renseignée par internet, je me présente au bureau communal avec tous les papiers nécessaires pour obtenir ma carte de résidente. Première déception: après 30 min devant le guichet qui distribue les tickets d'attente pour les bureaux, l'employé me donne simplement un rendez-vous, avec la liste des documents que j'ai justement en poche. Comme c'est le 1er décembre, bientôt les fêtes, la clôture annuelle et toute sorte de contre-temps qu'un bureau administratif subit en fin d'année, mon rendez-vous est pour la mi-janvier. Évidement, ce n'est guère facile de travailler, d'avoir une assurance ou une mutuelle sans numéro national. Je me rends donc entre temps au bureau de l'assistante sociale, qui je le reconnais, m'accueille, me renseigne et prends en charge mon problème aussi rapidement qu'efficacement. Le bureau de l'assistante sociale reste un de mes grands classiques, expatriée ou non. Je signale donc à toute personne en difficulté, même basique, que c'est Là, et nul part ailleurs, qu'on s'occupera de régler leur problème rapidement. D'ailleurs pour le dit bureau social, je suis une bulle d'oxygène: ma situation est on ne plus simple, claire, documentée, légale. J'ai donc mon numéro d'immatriculation assez rapidement, ce qui me permet de vivre dans ce monde où nous devons être fiché pour exister.

Mon dossier communal, lui, est, comme je l'apprendrais bien plus tard, pris en considération mi-février. Officiellement, donc, je suis en demande d'enregistrement le 19/02/2009, c'est à dire plus de 2 mois et demi après mon arrivée. Mais cela n'est pas encore fini. Il faut que la police communale passe à mon domicile pour vérifier que je suis bien là. C'est à dire d'abord que la commune contacte la police, ce qui prend un certain temps, comme m'indique le policier que j'ai en ligne après 4 mois d'attente. Puis il faut que la police passe un jour où je suis chez moi. Ce qu'elle fini par faire, en juillet. Un matin où j'ai travaillé la nuit précédente, je reçois donc, en peignoir et tête explosée, deux charmants agents auxquels je réponds, et explique, et souris poliment, et signe en bas à droite. Sauvée ? Pas encore. Fin août, je reçois, enfin, la convocation de la commune. Je dois passer entre 8h et 13h en semaine pour signer mon dossier. C'est pas simple de trouver une matinée de libre, et surtout je dois m'y reprendre à deux fois car se présenter à 10h ne laisse aucun espoir de passer avant 13h. Tout de même, fin septembre, j'accède au guichet sacré. Nouvelle déception: on ne me donne pas ma carte de résidente mais on me demande ma signature officielle et 14 euros... pour être finalement invitée à venir retirer ma carte dans... 3 semaines, au plus tôt. Toujours entre 8h et 13h, donc revenir à 7h45 et revoir la foule présente se mettre à courir vers les bureaux sitôt la porte ouverte. Oui, courir, carrément, et finalement, je comprends fort bien pourquoi on cours dans ces couloirs de la folie bureaucratique. Évidemment, au cas où ma démarche serait (encore) urgente, je peux m'acquitter de 174 euros et obtenir ma carte dans 4 jours. De toute façon, la photo que j'ai fournie il y a 9 mois maintenant n'est plus standard. Heureusement j'ai à ma disposition une photo qui convient, en un aller-retour chez moi je m'épargne un ou deux autres mois d'attente.

In fine, donc, je devrais obtenir ma carte de résidente Belge presqu'un an après mon arrivée officielle. Un an! Heureusement que je suis citoyenne Européenne, que j'avais un bail légal à présenter et un travail. Je n'ose pas imaginer le parcours de l'immigrant hors EU sans travail ni domicile.

La médaille d'or de la lenteur administrative revient incontestablement aux Belges.

 

Ne croyez pas que je leur en veuille particulièrement: la 1ère place de l'incohérence administrative reste toujours attribuée aux Suisses qui demandent, lors d'un changement de canton, d'avoir une adresse dans le dit canton pour obtenir un permis de travail. Or, pour obtenir un bail, donc une adresse, que faut-il ? Un permis de travail du canton.

Quant aux Français, je n'ai pas le courage, là, tout de suite, d'écrire le livre noir des débilités que l'état, c'est à dire nous, inflige à ses citoyens, c'est à dire nous, aussi.

Je crois que je ne me lasserai jamais de ces petits faits divers qui, reconnaissons-le, nous occupe, nous donne un but, une raison d'être. Un sens, carrément. Oui, un sens à nos vies si primitives que l'on s'imagine parfois que nous pourrions nous passer de tout cela. Nous, pauvres ignorants, pauvres naïfs, qui respirons sans comprendre les intérêts supérieurs de nos nations. Amen.

 

30/09/2009

 

Commentaires

Chère Madame,

Sachez que c'est grâce à ces contrôles que notre pays n'est pas envahi par des hordes d'illégaux.
D'autre part, votre message laisse à entendre que ce qui vous arrive est la règle. C'est le défaut, je trouve, de beaucoup d'entre vous blogueurs, que de croire que ce qui vous arrive arrive à tous.

Bien à vous.

Ch.

Écrit par : Ch de Fèvres | 01/10/2009

Ha! Le contrôle des flux migratoires. Voilà l'Argument!
Ne pensez-vous pas, justement, que cette lenteur extrême n'arrange que les illégaux qui ont tout le temps d'apparaitre et de disparaitre en trainant de vagues papiers de demande ? Parce qu'en attendant, les citoyens européens qui travaillent et payent des impôts depuis plus de 2 ans en Belgique (en travaillant pour une entreprise Belge), eux, sont pénalisés. Certes ce n'est qu'un cas particulier. Les Belges ne sont pas les pires en la matière. ça n'empêche mon envie de notifier l'incident. C'est le défaut des bloggeurs, évidemment, de notifier.
Mais où est donc passé votre sens de l'humour légendaire ?

Écrit par : sko | 01/10/2009

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