21/03/2011

Histoire de démocratie

Fait surprenant, les électeurs d'extrême droite, tout pays confondu, sont ceux-là même que l'on attendrait plutôt à gauche: les couches dites défavorisées, les pauvres, les démunis du point de vue socio-culturel et socio-économique. Le point intéressant est que ce sont justement ces couches défavorisées qui ont grand besoin de la démocratie pour être soutenus et intégrés dans un monde d'où ils sont exclus, le monde de la réussite et de la prospérité, l'univers de la santé et du bien être. Or, via des discours simplistes, hautement assimilables par les populations auxquelles il s'adresse, le populisme de droite prône une forme de totalitarisme, à l'opposé exact de la démocratie.

La véritable démocratie n'est pas la dictature de la majorité. C'est la garantie que chaque voix de citoyens soit entendue, représentée équitablement, soutenue par l'ensemble des communautés dans ses difficultés ou opinions particulières. La montée des extrêmes droites à l'échelle de l'Europe est probablement le signe d'un échec démocratique. Nous avons échoués. Nous avons crée des systèmes politiques dirigés par des élites, éloignées des gens qu'ils sont sont censés représenter. Cet éloignement n'est pas juste physique. C'est un gouffre de pensée, d'information, d'écoute, de participation citoyenne.

Pourtant, il n'est peut-être pas encore trop tard pour panser, et repenser, la démocratie. Les changements capitaux auxquels nous sommes et seront confrontés (fin de la période consumériste massive, pour des raisons autant écologiques qu'économiques, mondialisation des phénomènes dont l'émergence de réseaux sociaux puissants...), nous impose une réflexion en profondeur. A commencer par l'affirmation de ce que l'on attends, de nos orientations, des choix et des critères de choix, des fondations même de nos sociétés, y compris de l'ancrage à la démocratie et de son expression.