01/06/2012

Trac

C'est fou comme avant chaque présentation, mon rythme cardiaque s’accélère, mes mains deviennent moites et pendant le 1/4 d'heure précédant je n'entends plus rien, trop concentrée sur ma respiration, mes pieds cimentés au sol. Des angoisses sans fondements m'agitent, des questions surgissent, aussi existentielles que "Et si j'avais subitement envie de faire pipi ? Hein ? La honte de devoir sortir!". Et de me répondre silencieusement "Mais non, n'importe quoi !" Et de continuer ce monologue dans ma tête "Oui, mais SI jamais, hein ?". Et puis, voilà que c'est mon tour. Un peu trop pressée d'en finir, je bondis, je suis sur l'estrade avant même que mon nom soit prononcé. Je bafouille, j'essaye de dire mon nom, j'ai oublié mon nom, putain, merde, comment je m'appelle ? Et puis je vois mon titre sur le power point. Miracle. Tout à coup ce n'est plus une (re)présentation, c'est une transmission. D'un sujet qui me passionne. Tout à coup un diable oratoire très doué se réveille quelque part et je disparais. Oui, je disparais. Les problèmes techniques ? Je les vois même pas. Le manque de temps ? Je passe direct à l'essentiel. J'oublie le power point, la présentation. Je transmets mon message, en regardant chacun, droit dans les yeux, en souriant, en blaguant même, insensée que je suis. Je fini comme dans un rêve. On m'applaudit. Me félicite. On me demande un mail, un téléphone, un nom qui devient plus important, après coup. On me propose de participer à d'autres colloques, et d'autres ateliers et d'autres trucs encore. Mon idée est reprise toutes les 5 min, devient à la mode, le temps d'une après-midi. Le petit diable oratoire répond, se marre intérieurement, pendant que moi, tapie tout au fond, je ne comprends rien. Moi et mon estomac noué on est bien loin de tout ça, les sons nous parviennent assourdis, en retard, on entends, oui, oui oui, mais quelle bonne idée!, mais oui à quoi, au fait ? Et puis c'est fini. C'est à dire que je suis de nouveau entière, présente. Moi. Alors je pense aux acteurs et à la scène.

23:29 Écrit par skoliad | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Ton envolée professionnelle semble inéluctable désormais. Si un public t'applaudit, pourquoi pas un autre, et un autre encore? Bravo. Continue encore. Et si le petit diable n'était pas plutôt celle qui se tait trop et l'ange celle qui brille sur les autres?

Écrit par : DR | 21/06/2012

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