29/01/2012

Parce que voter ce n'est pas réfléchir ensemble,

ne pas voter n'est pas non plus laisser carte blanche

 

Je voudrais éclaircir cette idée du vote inutile. Je ne suis pas politologue, encore moins historien, mais j'aimerai partager avec vous quelques éléments qui sont à ma connaissance et, toute subjective et incomplète qu'elle soit, l'interprétation que j'en ai. Je vous invite, le temps de cet article à considérer notre organisation sociale, nos civilisations ou plutôt notre civilisation.

Prenons comme référence l'apparition de notre principal modèle, la république de 1789. On pourrait remonter plus loin, mais bon on a tous plein de choses super importantes et trop cool à faire, je ne voudrais pas vous faire rater le tirage du loto. Donc cette révolution, c'est quoi ? On nous apprend qu'il s'agit de la prise du pouvoir par le peuple, c'est à dire la mise en place d'une démocratie; ce qu'on assimile assez souvent avec la naissance de la république; comme si ces mots démocratie et république étaient synonymes. Ce premier point est déjà assez contestable. En effet, on sait tous, au fond, que la république représentative mise en place il y 250 ans est loin d'être une démocratie au sens propre du terme. Car ce n'est pas vraiment le peuple qui gouverne, mais ses représentants. Ce qui est tout différent. De fait ces représentants ne sont pas du tout représentatif, au sens statistique du terme, puisqu'ils sont presque tous issus d'une même classe sociale, éduquée et aisée, leaders locaux ou de plus grande ampleur: la bourgeoisie. Pour reprendre un propos d'Etienne Chouard, on peut très bien comprendre le paysan illettré du 18ème: il passe tout à coup d'un état de quasi servitude, à la liberté de choisir ses maîtres et l'illusion de l'ascension sociale. C'est une belle avancée.

Avec la bourgeoisie au pouvoir, les valeurs centrales se retrouvent bouleversées et l'économie devient le levier d'un nouveau modèle, le capitalisme, naissant de la cuisse de la révolution industrielle tel une affriolante déesse du désir. Car quels progrès nous offraient cette révolution ! Quel bond en avant dans l'histoire de l'humain ! Le niveau de vie, l'espérance de vie et la facilité à vivre s'en sont retrouvés propulsés. Mais pas à la même vitesse pour tout le monde, évidemment. La classe aisée, dirigeante, devenue celle dite du patronat, a bien plus vite profité de ces changements. Les iniquités augmentant, les plus pauvres, les ouvriers, ont commencé à s'organiser en syndicats et mutuelles pour défendre leurs droits, leurs intérêts. Ce mouvement Germinalesque, espérance restée inachevée, a tout de même donné aux pays Européens une protection sociale relativement solide à défaut d'être complétement universelle ou protégée (comme le montre l'existence de régimes très inéquitables – fonctionnaires versus indépendants par exemple- ou les reculs réguliers de ces barrières face aux assauts du profit). J'aimerai encore une fois rappeler que banquiers, patronat, comme ouvriers, artisans ou agriculteurs font tous parti du peuple. J'évoque avec vous une organisation sociale à laquelle nous sommes tous liés et reliés, où nous contribuons tous, tout autant que nous la subissons.

Je ne rentrerai pas dans les détails de la première moitié du 20ème, pourtant passionnants. Je me contenterai de souligner qu'à cette époque déjà, le modèle capitaliste montre des failles majeures. Heureusement, si j'ose dire, les grands séismes de l'époque, comme la récession de 1929 pour ne citer qu'elle, trouvent remèdes dans les guerres. Guerres bien pratiques, décidément, puisqu'elles permettent par la même occasion de décimer toute une catégorie sociale dont on n'avait finalement moins besoin grâce à la modernisation: les paysans. Évidemment le corps social, bien malmené entre crise, guerre, crises et guerres, suivi de crises, de guerres, réagit. Les années 60 voient se lever une génération éduquée, réclamant plus de justice sociale, plus d'équité. On concède les congés-payés, la retraite, et même la place à une part importante et jusqu'ici négligée de la société: les femmes, et pourquoi pas les noirs-américains. Après tout l'argent n'a ni sexe ni couleur – sauf peut-être le vert qui va à tout le monde. Cet élan de révolte est surtout vite maitrisé grâce à l'arrivée d'un mirage extraordinaire, la société de consommation, qui nous en mettra plein les mirettes pendant encore 50 ans. Tous égaux... devant les vitrines débordantes. Tous heureux... grâce à nos automobiles, nos écrans télé et les pizzas surgelées. Bon évidemment, il y en a toujours des moins égaux que d'autres, et à voir notre consommation d'antidépresseurs c'est pas si amusant que ça. Mais bon, ça nous tient tellement bien cette histoire que l'on défend becs et ongles nos droits de consommateurs – notez que le citoyen a disparu- dans l'illusion précaire qu'un jour on pourrait nous aussi gagner au loto, devenir riche à notre tour, beau et célèbre. Posséder et être reconnu étant devenu une fin en soi.

Un mot sur le communisme. Ce modèle estampillé « 20ème siècle », en plus d'avoir pu servir de menace informe justifiant pas mal de débordements, a eu pour principal avantage de mettre en exergue, par un effet miroir, la puissance de ce que l'on nous présente comme l'unique alternative, l'opposé, le libéralisme. Notons au passage la curieuse racine du mot, libéralisme, qui rendrait plus libre, enfin c'est surtout l'économie qui n'a plus de règles. Le communisme a en plus eu le bon goût de quasiment disparaître à la fin des années 80, permettant à une forme extrême, le néo-libéralisme, d'exploser brutalement et littéralement. Tous ces marchés à conquérir ont lancé une incroyable course au phénomène dit inéluctable de la mondialisation. C'est-à-dire la conquête quasi planétaire de ce modèle de pensée, un paradigme devenu dominant, presque unique. Dans ce modèle d'organisation sociale, rappelons-le, le principe fondateur est que les lois du marché sont compétentes pour réguler la société. L'argent, l'économie, sont devenus régulateurs, centraux. Et non plus l'être humain, l'individu, le citoyen, pas même le consommateur. L'argent. C'est évident et pourtant fondamental. On a réduit l'homme, ses aspirations, sa vie, ses besoins a des chiffres, des calculs compliqués (mais pas complexes: la logique linéaire, cartésienne, du comptable tient toujours et ne considère que rarement la complexité, c'est à dire l'imprévisibilité du monde).

Pourtant les profondes failles du capitalisme et de son enfant terrible, le néo-libéralisme, sont loin d'avoir été résolues. Tout au plus c'est-on contenté de colmater des brèches par des politiques toujours plus marquées et agressives, vers une course en avant toujours plus rapide et brutale.

 

Si vous avez tenu jusque là, je vous en félicite. Je suis consciente que la forme n'est pas forcement très didactique mais j'espère que les questions que je soulève ici vous donneront envie de fouiller davantage les thèmes. Je vous rassure, il existe sur internet des tas de sites, de documents, et de vidéos beaucoup plus agréables que ma pauvre prose. Toujours est-il que vous êtes courageux, alors j'abuse encore un peu car je n'ai pas encore répondu à ma question de départ: que se passe-t'il aujourd'hui ?

 

La crise. C'est-à-dire la singularisation de crises, qui s'additionnent, se répètent, s'accélèrent, depuis maintenant presque 30 ans et clairement depuis 8 ans. Qu'est-ce que cette crise qui se nourrit de la crise ? Une dérégulation globale, un abandon politique, un appétit jamais assouvi des marchés ? Peut-être. Sûrement. Et pourtant je ne pense pas que cela soit la racine de nos difficultés. On est cependant assez nombreux à croire que les objectifs, faire des profits, étant toujours atteints, il n'y pas de raison que cela s'arrête. La moralité n'a rien à faire dans ce calcul là. On assiste, impuissants ou plutôt passivement, aux attaques des états par un système bancaire qui a été sauvé, à peine quelques mois plus tôt par ces mêmes états. Les états, c'est-à-dire les peuples. Car au final c'est le peuple qui paye. Comment le peuple dans son ensemble pourrait-il être en faillite en regard d'une frange marginale du peuple ? C'est une situation tellement stupide qu'il n'y a guère que le milieu de la finance pour le concevoir.

Il y a bien quelques indignés par ici, quelques mouvements de mécontentement par là, mais rien ne bouge vraiment. Les faits s'accumulent, des voix s'élèvent, aussi diverses que des économistes, des sociologues, des syndicats, des travailleurs de la santé ou de l'alimentation, des écologistes... tout converge mais rien ne change vraiment. Pourquoi laisse t'on ainsi reculer nos droits, nos « démocraties » ? Car il s'agit de cela. Une menace réelle, pire avérée, pèse et agit sur nos démocraties. On assiste déjà à des reculs majeurs de toute part. L'entrée en fonction d'un président Grec non légitime, car non élu par le peuple, ou encore d'un banquier à la tête du fond Mondial contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose ne sont que quelques exemples flagrants. Quelque part, on ne sait pas trop bien où, on décide que les retraites de nos parents sont au-dessus de nos moyens et, sans aucune concertation sociale, on ampute allégrement ce droit acquis. On nous impose, ou plutôt nous nous imposons ces mesures d'austérité, sous le prétexte fallacieux de la crise, alors même que l'on sait depuis longtemps, et nous en avons la preuve en direct en Grèce, que cela ne change rien, et même aggrave la situation. Je repose donc ma question: pourquoi ne réagit-on pas face à ce couillonnage sans précèdent ?

Les hommes politiques, on l'aura compris, sont tout simplement incapables de penser autrement. Ils font, sauf rares exception, tous parti d'une seule classe sociale, la fameuse classe dirigeante inhérente à la république représentative. Par héritage ou par ascension sociale, qu'importe, ils ont tous assimilé un modèle de pensée duquel, sans remettre en question leur honnêteté, il leur est presqu'impossible de sortir. Pire, ils sont devenus complétement sourds à toutes les propositions qui ne cadrent pas avec le modèle dominant qui les gouvernent eux-même. Et nous, les dirigés, on a le même problème. Au fond on rêve toujours qu'un jour on aura un yacht amarré à Antibes. On a tellement peur d'avoir encore plus à perdre qu'on laisse partir des pans entiers de nos systèmes sociaux. Parce que, tu comprends, « nos parents ont vécu au-dessus de leurs moyens ». Je ne détaille pas le phénomène de la dette qui, en réalité, n'a strictement rien à voir avec les retraites ou la sécurité sociale déficitaires, mais il est remarquable de constater comme on a pu avaler une couleuvre pareille. Les médias ont évidemment tout à voir là-dedans mais en réalité on a tous à voir là-dedans. Car c'est de nous qu'il s'agit. De ce que nous décidons, de ce que nous acceptons. Ou pas.

Puisque tout s'accélère, et que rien ne semble en mesure d'arrêter cette logique infernale, que va t'il se passer ? D'ici quelques mois, quand les notes des états se seront toutes dégradées, que la « big-one » explosera sans que les états soient capables de revenir à la rescousse, nous arriverons, enfin, au point de rupture. Ce qu'il se passera alors est assez difficile à imaginer. Le plus probable historiquement, ce qui est aussi la plus sombre des prédictions, est un conflit majeur. Une guerre. Comme les guerres ne se font plus entre armées opposées – ce qui, en présence d'autant d'armes nucléaires, n'est pas si stupide que cela-, il est fort à parier qu'elle se fera contre des civils. On se trouvera bien un ennemi parmi nous, soyons confiant. Cela aura pour avantage de divertir les attaquants de leurs noirs quotidiens mais aussi, bien sûr, les attaqués. Quand je dis divertir je ne pense pas à amuser, mais plutôt à empêcher de penser. Histoire de prolonger encore un peu le bordel.

Une autre perspective existe pourtant. Elle nait d'un idéal, la démocratie, et semble prendre forme au travers de mouvements contestataires de plus en plus importants. Parmi ces concrétisations d'une nouvelle forme de pensée, le mouvement des Anonymous est très intéressant. D'ampleur international, il propose une vision apolitique – ce qui est faux en soi: c'est un mouvement très politique puisqu'il défend des idées; mais qui rejette l'étiquette politique, les dichotomies politiques qui nous gouvernent, en refaisant de la politique une préoccupation individuelle et quotidienne. Dans cette nébuleuse, un anonymous en vaut un autre et la liberté est la valeur centrale – à l'intérieur d'une communauté solidaire et créative. C'est déjà un bon début. Quelque chose d'autre est peut-être possible. Mais c'est difficile. Il faut réapprendre à penser la société. C'est un exercice tellement difficile qu'on pourrait le croire impossible. Et pourtant, il nous est offert de vivre un moment historique. Une fenêtre est ouverte sur la remise en question de notre modèle d'organisation sociale. Repenser la démocratie, évaluer ces failles, redéfinir le point central de notre vision – qui doit, à mon avis, redevenir l'homme. Quel défi! Pourtant, admettre les limites d'un système n'est pas si compliqué. Le communisme est tombé, pourquoi pas le capitalisme ? La monarchie est tombée, pourquoi pas la république ? Est-ce que la république est à ce point divine qu'on ne peut plus toucher à cette organisation ? Je ne le crois pas. Mais ce n'est pas à moi d'en décider.

Car c'est aussi cela que demande cette alternative: et si on réfléchissait tous ensemble, c'est-à-dire le peuple, à comment on envisage notre société ? Évidemment les grands perdants d'une telle remise à plat seraient aussi ceux qui ont le plus de pouvoirs actuellement, ils ne vont donc pas se laisser faire. Il va même falloir un sacré courage pour s'y opposer. Une chose est sûre cependant, le point de rupture s'approche à grands pas. Nous devons nous y préparer afin de le sublimer, d'en saisir toute l'opportunité – et non pas se contenter d'un « léger », bien que très violent, ajustage. Regardons ce que nous montrent les révolutions arabes. Les « révolutionnaires » ont chassé une dictature individuelle pour une autre forme d'asservissement dite républicaine, dont personne n'espère grand chose qu'un alignement de plus vers ce qui existe déjà et ne marche déjà pas ailleurs. Retenons l'Histoire pour ne pas la revivre. Franchissons ensemble ce pas grandiose vers une humanité devenue adulte. Au prix d'une difficile mais intense adolescence.

Nous préparer ce n'est pas accumuler les kilos de nouilles ou les lingots d'or. Mais plutôt penser au changement, commencer à élargir notre perspective, voir plus loin et plus grand, voir plus globalement les problèmes particuliers et individuels, relier les événements et rechercher les causes des causes. Échanger des informations, les communiquer, créer des tables rondes, des forums de discussion, ouverts à tous, quelque soit son origine, ses opinions politiques, son quotidien. Nous devons faire cela, et le faire assez vite. Car cette fenêtre sera finalement assez courte et on pourrait bien en reprendre pour 50 ans.

Se recentrer, enfin sur le but – le bien-être humain si l'on en croit les droits de l'Homme de, justement, 1789 - et non pas les moyens, par exemple la république représentative.

 

 

 

21/01/2012

Et puis un jour, ça sera celui de trop...

 

Altermondialiste, Anonymous, Indigné, Attac,  Greenpeace, Oxfam,  militants, syndicats, économistes, politologues, chercheurs, exclus, ouvriers, cadres, indépendants, étudiants, chômeurs, médecin, juge, policier, militaire, mère de famille, artiste, journaliste, retraité, stagiaire, Hommes, Femmes, 95%, Grecs, Espagnols, Français, Belges, Américains, Africains, Vénézuéliens, combattant de la liberté, partisan de l’équité,


même combat!

 

 

 

Montage à partir du "Dictateur" de Chaplin

 

 

 Le temps de cerveau humain disponible

 

 

 

(liste en construction)

 

 

 

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Article LeMonde: Pourquoi faut-il que les états emprumtent 600  fois plus cher que les banques ?





Frédéric Lordon - Jeudi d'Acrimed - 1/2 par acrimed



Frédéric Lordon - Jeudi d'Acrimed - 2/2 par acrimed


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La dette publique et la loi "Rothschild": la cécité volontaire des médias


 

L'Arnaque du système financier avec 8 experts - Vidéo Mediapart.

 




Tous fichés à 15 ans : la loi votée dans l'indifférence générale

ou quand le citoyen est devenu un consommateur très très surveillé.


Pourquoi les méthodes ne changent pas ? Parce que les objectifs sont atteints.




L'éducation ou comment faire baisser le niveau par contrelapenseeunique



 

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Les 10 moyens pour nous manipuler


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(we are legion)

07/01/2012

Pourquoi je n'irai pas voter

pour un candidat à la présidentielle Française en 2012

 

Il y a un an environ, j’entendais pour la première fois cette phrase terrible et sans issue : « Tout pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument ».  Un vrai piège à cons, dans toute la splendeur de ma définition personnelle du piège à cons. Un piège incroyablement fort par son évidence et dont les conséquences sont presque vertigineuses. Car enfin, l’Histoire dont nous sommes les contemporains  s’inscrit justement dans une crise majeure des pouvoirs en place. Crise financière bien sûr mais surtout crise politique.

Dans un bref retour sur ces 30 dernières années, nombreux sont les exemples d’un mécanisme qui s’est imposé, d’autant silencieusement et sans contestation qu’il a rapidement touché les médias, dans tous les secteurs, de quasi toutes les sociétés. Le modèle capitalisme, que la psychotique guerre froide a opposé comme unique alternative au défunt communisme, c’est en effet diffusé dans toutes les sphères de la société, et donc de pouvoirs. La mécanique du chiffre, qui réduit l’humain à des équations basées sur le profit à court terme, est devenue maître. Dans le secteur de la santé, les années 80 ont été marquées par la première vague de crises liées aux conséquences des chocs pétroliers. Les pays du Nord, grâce à leurs systèmes sociaux plus robustes, ont, à l’époque, bien mieux résisté aux diverses injonctions économiques, entre autres aux fameux Plans d’Ajustement Structurels de la Banque Mondiale, que les jeunes états du Sud. L’effondrement de tous les systèmes sociaux au Sud, de celui de la santé, comme ceux de l’éducation ou de la justice, a inexorablement conduit à une accélération de la pauvreté, de la mortalité, des violences sociales, de la perte de la notion même d’état de droit dans les pays les plus fragiles. Cette situation n’étant évidemment pas économiquement favorable, la boucle est finalement tant et si bien bouclée que l’augmentation massive et continue de l’aide internationale n’y change presque rien. Les populations du Sud continuent à mourir et à souffrir. Quelle leçon pour nous ! Une leçon si évidente qu’elle est passée presque sous silence : les lois économiques telle que définies dans le modèle libéral sont absolument incompétentes vis-à-vis de la régulation sociale. Une leçon loin d’être nouvelle, le premier big one auquel on est eu affaire date d’un certain jeudi noir 1929. Mais l’homme a la mémoire bien courte car toutes les mesures de régulation économique de cette époque ont littéralement fondues sous la pression néolibérale de la fin du siècle. 1929, rappelons-nous en, avant qu’il ne soit trop tard. Reprenons rapidement les rênes avant que certaines idéologies ne nous refassent le coup si cruel de la guerre comme remède à la dépression économique.

Aujourd’hui, le monstre économique est toujours plus affamé et ne connait plus de limite[i]. Il n’y a plus ni contre pouvoir des circuits conventionnel de l’information – maintenant on comprend que les émissions lobotomisantes de TF1 n’ont pas seulement eu comme conséquence de nous vendre plus de coca- , ni régulateur politique qui soit encore en mesure de prendre les bonnes décisions - celles qui pourraient nous éviter le désastre qui se dessine maintenant clairement. Comment les politiques, les hommes politiques peuvent-ils, à cette heure encore, prendre des décisions qui vont si évidemment à l’opposé du bon sens ? Parce qu’ils y ont un intérêt personnel, humain. Et voilà que le piège à cons nous revient. Le pouvoir corrompt. L’homme, souvent éduqué, parfois réellement motivé et intègre, qui arrive au pouvoir est finalement, à très moyen terme, corrompu par lui. Les échéances électorales en elles-mêmes contiennent le germe de cette corruption : dans un cadre où les hommes politiques sont des professionnels, on ne peut qu’assister à une frénésie du mandat, à une vision réduite sur 5 ans maximum, à certaines malhonnêtetés intellectuelles ou pire, liés au besoin de se faire réélire. Pire encore, les professionnels de la politique sont pervertis eux-mêmes par cette profession. Caricaturalement c’est un homme, blanc, de 50 ans, ayant été à l’ENA. Ils ont finalement tous le même modèle de pensée, dans lequel ils baignent en permanence et ne peuvent donc apporter d’idées nouvelles. La voix du plombier, celle du médecin, de l’instituteur, de l’étudiant finissent dissoutes dans des cerveaux préprogrammés à  voir le monde d’une façon particulière. Les Chavez sont bien rares et l’on ne peut que constater la désertion politique et le manque de courage qui finit par aboutir à la démonstration la plus flagrante que le pouvoir n’est plus aux mains des peuples ou de leurs élus : la chute des gouvernements « démocratiquement » élus (Grèce, Italie…) en faveur d’hommes de paille, appliquant encore et toujours les mêmes recettes désastreuses.

C’est grâce à Etienne Chouard, dont je ne peux que recommander l’ensemble des vidéos, que j’ai entrevu pour la première fois la lumière hors du piège à cons dans lequel nous sommes tous empêtrés. Cette solution est contenue dans le mot aujourd’hui galvaudé de démocratie. C'est-à-dire non plus la république représentative,  qui est à l’origine de toutes ces distorsions mais le pouvoir dans les mains du peuple, en continu, la fin de la profession « d’homme politique ». Le système du tirage au sort m’apparaît le seul moyen équitable et juste de créer des groupes de travail capable de porter la voix de tout à chacun, à la fois sur les grands principes mais aussi sur les petites décisions locales. En épidémiologie, les études dites randomisées sont les plus fiables car elles garantissent la représentativité de l’échantillon. En politique, il est impératif de remettre cette règle d’or au centre des dispositifs de régulation afin de sortir de l’asservissement de nos maîtres modernes : les élus qui sont eux-mêmes au service des dirigeants de la finance. Remettre le citoyen au centre des décisions, et laisser les énarques faire leur boulot, c'est-à-dire être des fonctionnaires, au service de l’état, donc du citoyen, contrôlés et avec des pouvoirs limités à une fonction stricte- qui n’est pas celle de faire des lois par exemple. Je n’irai donc pas voter car je refuse maintenant de valider par ce geste un processus qui ne me convient décidément pas et qui a maintes fois démontré ses limites.

Les années que nous allons vivre ensemble seront formidablement bouleversantes, qu’on le veuille ou non. C’est une chance sans pareil de reprendre nos destins en mains. L’appareil économique est sur le point d’imploser. La Chine se prépare à l’effondrement de l’Europe tandis que les maîtres de la finance se dépêchent d’engranger un maximum de profits avant explosion. Mais nous, le peuple, les fameux 95% qui nourrissons, soignons, éduquons, conduisons ou servons les 5% les plus riches, nous pouvons encore résister à ces grands plans qui se font sans nous. Nous pouvons profiter de cette chance historique de non pas se contenter d’abolir un système économique profondement injuste mais aussi de revoir profondément la distribution des pouvoirs, telle que le mot « démocratie » veut le dire. Le pouvoir temporaire, sous surveillance, indépendant du pouvoir économique ou judiciaire.

Nous avons cette chance, saurons-nous la saisir à temps ?

 


[i] Je ne reviendrais pas ici sur l’ensemble des mesures qui ont finalement donné libre cours à l’appétit économique de quelques nantis. Les sites d’information sont maintenant nombreux. Retenons tout de même le scandale de la dette publique et de la création monétaire comme exemples flagrant de décision à l’opposé du bien général.

11/05/2010

Jour de deuil

Aujourd'hui, je cite un inconnu:

 

"La Grèce n'est plus un état souverain, Lagarde nous prépare à l'austérité et le CAC prend 10%...

Jour De Deuil."

 


11:14 Écrit par skoliad dans Des raisons de révolte. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/05/2010

Peoples of Europe, RISE UP!

Nous y sommes, ou presque.

Voici le moment tant attendu de prendre des décisions. Les politiques vont devoir décider, dans l'urgence de la crise grecque, l'avenir du rêve Europe. L'Europe des nations se rejoint, enfin, au chevet de l'Europe-eurocrate visiblement en surdosage de somnifères depuis la monnaie unique et maintenant au bord de l'asphyxie. Après les banques, l'industrie, voici que les états sont attaqués par les marchés. La perspective du jeu de domino géant fait frémir jusqu'outre Atlantique. On parle croissance, politique de restriction, austérité, déficit et dette, prêt d'urgence, à tous les étages. On s'agite, on veut calmer rapidos la mécanique logique des marchés avant que le virus n'ai eu le temps d'achever son hôte.

Pendant ce temps, d'autres voix, celles des citoyens européens grecs se font entendre. Eux, ne veulent pas payer les pots cassés de spéculateurs douteux et véreux, des politiques carriéristes incapables d'agir et souvent coupable  par intérêt personnel. Et si la contagion du phénomène ne se limitait pas à l'économie des marchés ? Et si, effectivement, les citoyens des états attaqués ou en vue de l'être, se soulevaient eux aussi, l'un après l'autre ? Et si les citoyens de toute l'Europe réussissaient là où la politique a échoué ?

 

people of europe rise up

 

Doux rêve que celui de croire que, lassé de rêver devant le juste prix, les hommes et femmes qui créent et produisent se lassent aussi de voir les plus riches détenir de plus en plus de la richesse totale, en spéculant, c'est à dire en échange de rien. Les 1% des plus riches de la planète possèdent 40% des richesses mondiales, mais leur accroissement est exponentielle et leur répartition est très inégales selon les pays: aux USA, ces même 1% des plus riches détiennent 70% des actifs financiers; en France, entre 2004 et 2007, le nombre de personnes gagnant plus de 500.000 euros a augmenté de 70 %. Pendant ce temps, les plus pauvres, c'est à dire nous, et pas seulement l'Africain qui crève de faim dans ses mines de diamant, nous, les travailleurs, nous appauvrissons.

Réduire la dette, réussir le pari des retraites avec le papy-boom, réduire nos émissions de CO2 et nos consommations globales pour essayer de sauver ce que l'on peut encore de la planète, tout ça, on voulait bien l'entendre, nous autres les prolétaires, nous autres les intelos RMIstes, nous autres paysans sur-endettés, nous autres retraités à la recherche d'emploi, nous autres, les électeurs. Seulement ce qui ne passe pas, là où la couleuvre picote un peu nos narines, c'est que pendant ce temps là, une minorité s'en mets pleins les poches et consomme, pollue, exploite, gaspille, sali, et rote sans honte devant la caméra.

Alors je rêve, un instant, que la plèbe, gavée de jeux et de sacrifices, se rende compte tout à coup qu'on touche à son assiette. Je rêve qu'elle se soulève, en réclamant justice, équité, solidarité et liberté. Car la réalité, je dois avouer, est effrayante. Dans tous les pays d'Europe, jusqu'en Angleterre, royaume de libéralisme, l'égoïsme national ressurgit, comme un vieux cauchemar des années 1936-1937. L'extrême droite, les replis communautaires, les intolérances subites, refont bouillir une marmite que l'on ne connait que trop bien. Celle-là même, qui jadis avait été exorcisé par un idéal Européen de paix et de lumière au monde. Un idéal endormi, étouffé dans l'œuf par un libéralisme qui veut nous faire croire qu'on a à perdre, pendant qu'une minorité gagne tout.

 

Alors, oui, citoyens Européen, levons-nous.

Avant que d'autres ne le fassent à notre place.

Citoyens Européens et citoyens du monde, levons-nous.

Réclamons justice, équité, solidarité et liberté.

 

 

 

 

Pour mieux comprendre:

http://www.slate.fr/story/20841/crise-euro-europe-deconst...

19:07 Écrit par skoliad dans Des raisons de révolte. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/04/2010

La Vème république: histoire de torchons et de serviettes.

 

A l'époque, un dénommé Serge Gainsbourg avait été au cœur de la controverse pour sa reprise de "La marseillaise". Le Monsieur répondit par voie de presse son fameux: « On n'a pas le con d'être aussi droit ».

 

Vingts ans plus tard, détourner l'image du drapeau national est plus que jamais source de polémique. Sous le couvert du politiquement correct, le thème désormais incontournable de « l'identité nationale » se matérialise, sacralisé, autour de l'emblème de la république. Des poursuites pénales sont demandées par la ministre de la justice elle-même.

Le pouvoir, l'état, les représentants des citoyens, ces élus censés diriger sous le cadre de la loi et de la constitution, modifient, réinterpètent à loisir, maintenant directement et quotidiennement, la définition de ce qu'est la république française.

Ainsi, le même jour, le président-1er ministre- ministre de l'intérieur-et de l'économie-et du reste relance le débat sur l'interdiction du port du voile intégral par les femmes.

Rappelons que le conseil d'état, les sages de cette même république, avaient statué sur le texte comme étant contraire à la constitution Française;  mais aussi aux droits de l'homme Européen, dont la France, qui se targue si allégrement d'avoir inventé le principe, est bien évidemment signataire.

 

 

Donc, je comprends bien, cette putain de république serait en fait cette femme au sein nue, courant mal cachée par le drapeau sainte-nitouche de l'identité Française; tandis que la constitution, les droits de l'homme (et du citoyen) ne seraient plus que le tas de cadavres qu'elle piétine.

 

Alors pourquoi, dites-moi, ai-je cette impression lancinante, et très désagréable, que notre attention, comme lors d'un tour de prestidigitation, est perpétuellement reporté sur le mauvais côté des choses ?

 

 

22:16 Écrit par skoliad dans Des raisons de révolte. | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

08/02/2010

Identité Nationale Française.

 

Je suis Bretonne.

Malheureusement les actes de naissance de mes arrières grands-parents prouvent que je suis (aussi) Française. 

ça m'aurait pourtant bien fait marrer de non-justifier cette nationalité devant une administration digne de celle de Vichy ("Mais, monsieur le juge, je n'ai fait qu'appliquer le règlement").

 

 

19:14 Écrit par skoliad dans Des raisons de révolte. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/12/2009

Et dire qu'on chipote encore du côté de la petite sirène...

 

Les biens des 3 personnes les plus riches du monde (1997) (Bill Gates: 90 billions de $, Warren Buffet: 36 billions et Paul Garden Allen: 30 billions) sont plus élevés que le PNB des 48 pays les plus pauvres (soit 600 millions de personnes).

 

ou encore


Les avoirs des 200 personnes les plus riches de la planète ont une valeur supérieure aux revenus combinés de 41% de la population mondiale.

 

 

ou encore


Avec seulement 2% de l'argent injecté face à la crise financière on aurait résolu, au niveau mondial, le problème des bidons ville.

 


 

23:45 Écrit par skoliad dans Des raisons de révolte. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/08/2009

La femme comme symbole politique.

 

ici

et

 

ou

partout.

 

(Mais foutez-nous la paix avec nos fringues!)

22:03 Écrit par skoliad dans Des raisons de révolte. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/06/2009

Pour mon droit au port de la petite robe.

 

La loi. Cet acte quasi divin.
Cette religion de l'opinion générale ou particulière.
Loi, je te haïrai si tu n'étais pas si ridicule.
De l'antilibéralisme à l'antilibertaire, justice aveugle.
Vieille, sclérosée, antipathique continent de murs.
Tu te dresses, hagarde, entre deux talk-show.
Un ennemi, un autre physique, attrapable, punissable, identifiable par la masse.


ICI, une opinion.



Pendant ce temps, ailleurs, partout, nul part en particulier.



13:04 Écrit par skoliad dans Des raisons de révolte. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/06/2009

Un milliard d'affamés en 2009, 1/6 de la population mondiale qui crève la dalle.

 

Pour rappel, les objectifs du millénaire pour le développement:

1- Réduire l'extrême pauvreté et la faim.

2- Assurer l'éducation primaire pour tous.

3- Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes.

4- Réduire la mortalité infantile.

5- Améliorer la santé maternelle.

6- Combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies.

7- Assurer un environnement durable.

8- Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

 

Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est mal barré.

 

Question: Qui a encore du mal à comprendre que le développement, ou la mort, d'un sixième de la population mondiale a un impact direct sur le développement, ou la mort, des cinqs autres sixièmes ?

Question: De quel ultime génocide se rappelera l'Histoire : la destruction massive de notre planète ou l'assassinat massif pour y arriver ?

Question: Puisqu'à l'évidence rien n'est prêt de changer, pourquoi ne faisons nous que si peu ?

 

 

20:03 Écrit par skoliad dans Des raisons de révolte. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/02/2009

Panoptique de l'échec.

Vision anar désabusée.

 

Carcéral, féodal, anal, toute une série d'adjectifs en al ou alisé selon l'usage des écoutes tribord. A Londres j'avais découvert les caméras omniprésentes. Chez moi, au bout du câble réseau, je découvre nos vies privés étalées, rumorisés, traquées par les robots Google. Un espionnage normalisé, standard d'un monde qui n'a plus rien d'anonyme. Ou quand la liberté échoua sur les récifs de l'autocontrôle ou, en l'occurence, de la servitude de nos périphériques et de nos protocoles. La douce voix (ou voie peut-être) d'une sage anarchie ne résiste pas à l'assaut des foules emberlusconisées et les symptomatiques réality shows ne présagent rien de bon. On est potentiellement quelques milliards a pouvoir jouer les acteurs gratos. Le marché de l'apprentissage de la toile est porteur, la crise va même aider un peu. On finira tous au paradis matte-moi-un-peu-ça.com de 8h à 22h. Big Brother, comme le numéro 1, pardon de dévoiler l'intrigue, c'est nous, avant tout. Prisonniers et gardiens se confondent quelque soit la réalité sociale, communautaire ou historique. Société, le mot est lâché. Rien de plus, rien de moins. La particularité ne réside finalement pas tant dans la virtualité du groupe mais plutôt dans la naïveté en la matière de ses citoyens et par conséquent de la législation – qui reste encore très couleur locale. Car si la question « Confession » choque encore sur le bulletin d'inscription d'une école soit disant laïque, l'exploitation depuis Hongkong de nos goûts en films porno ne semblent pas nous décourager outre mesure. Pire sans doute, il est un nouveau moyen d'accès à notre quart d'heure de célébrité mondiale.

C'est l'histoire d'un monde binaire, c'est la douce illusion des cerfs an-alpha-bêtes HTLM, c'est l'oubli de ce que nous n'avions jamais appris, c'est la vision désabusée d'une anarchiste qui croyait très fort à la liberté.

 

 

18 février2009

06:36 Écrit par skoliad dans Des raisons de révolte. | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

09/02/2009

La rumeur.


Elle courrait, elle se téléporte. Elle se mondialise, comme le reste, tenant toujours en haleine les publics en manque de sensation. Elle est là, partout, de partout et de nul part. Le tout info est tout intox, tout n'importe quoi, tout avalé, tout digéré plus ou moins rapidement. La rumeur est un procédé organique. Propulsé maintenant à vitesse électronique. Un authentique spécimen de symbiose homme-machine.


Une jeune artiste Belge, Pascale Barret a effectué une série de projets autour de l'animalité. A l'occasion de l'exposition « Toute cruauté est-elle bonne a dire ? », elle présente actuellement la tête empaillée d'un zinneke, chien errant bruxellois autrefois jeté dans la rivière. Un blog,  illustre la démarche. J'ose révéler ici que l'animal empaillé a le faciès étonnamment humain pour un chien errant. Et même, à y regarder de plus près sous les poils de la bête, on retrouve un air de famille avec l'artiste. La face terrifiante semble rugir à la pétition installée en face. Celle-ci, intitulée solennellement:

«  STOP the "Zinneke" projet in Belgium!

Contre la réalisation d'un projet en Belgique qui utilise la cruauté envers des chiens, au nom de l'Art dit contemporain.

Son titre: "Le Zinneke est mort, vive le Zinneke".
L'artiste compte naturaliser un chien des rues de Bruxelles en hommage à la légende du "Zinneke". »

est une version imprimée d'une pétition électronique. Vous la retrouverez sur un beau représentant de l'espèce des rumor-makeur

925 signataires, tout de même. Une belle réussite. Certains commentaires sont une source d'inspiration pour la prochaine édition de l'almanach Vermot.


Car maintenant qu'on peut tout savoir, on peut aussi donner son avis sur tout. Est-ce que je me gène, moi, peut-être ? D'un simple clic, on vote pour tel ou tel site, contre telle ou telle chose. La démonstration ici très simple sonne pourtant comme une terrible mise en garde. Si le rire reste sans doute le cadeau de l'artiste, la situation mets tout de même en lumière une réalité maintes fois décrite. Notre fragilité face à la manipulation. Effets de masse, de rumeurs, de non vérifiabilité des données ou pire le manque d'intérêt pour une quelconque vérification. Un terreau effrayant, un amas d'informations en décomposition, quand les formes et l'essence même de la matière se dissout. Un cycle infernal de fertilité, de vies spontanées, inflation et déflation, systoles et diastoles visibles sur Youtube. L'animalité donc; l'animalité, justement.


Et ça nous occupe bien. Le sexe, la bouffe, le rock'n roll et les rumeurs. La rumeur distrait. Elle amuse, certes, et elle détourne les regards. Elle est bien pratique cette rumeur. Et puisqu'on ne l'empaillera pas - mais on peut toujours essayer une pétition contre la rumeur de la rumeur- le mieux qu'il reste à faire est peut-être de l'utiliser. Car parfois, le subterfuge prends vie, réellement. Une sorte de réaction en chaîne, l'effet papillon bidule. Un Dieu dont la puissance est directement proportionnelle au nombre de croyants. Et, justement, par hasard ce soir, j'ai une chouette esquisse a concrétiser. Celui de la fin d'un cycle, le début d'un autre. Meilleur. Oui, meilleur, carrément, soyons fous. Au pluriel les fous. Une foule de fous sans peur du lendemain. Des hallucinés qui pensent qu'on peut mieux faire. Plus juste, et plus démocratique. Mieux quoi. Ouais. La rumeur d'une révolte contre un système foireux de bonheur visible au salon de l'auto. Un passage vertigineux de l'animalité au divin. Il est tard, pardonnez cet excès. Je rêve, c'est à la mode depuis Martin Luther king. Je rêve d'une vague, d'un instinct, d'une animalité de sauvegarde, d'un absolu à l'échelle humaine, un petit tsunami d'histoire. De quand c'était plus possible. Tout simplement. Quand c'était trop gros, trop de foutage de gueule, trop de peurs mis en nous, trop de frustration, de peine, de désillusions, d'erreurs, de merde dans l'atmosphère. Quand l'animal brisa ses chaînes à crédit.

Je m'égare ainsi sans doute, par complaisance personnelle, dans l'illusion que le brouhaha ambiant ne serait pas seulement

qu'une simple rumeur.

 

23:48 Écrit par skoliad dans Des raisons de révolte. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/02/2009

Un (autre) jour en France.




12:12 Écrit par skoliad dans Des raisons de révolte. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Overdose informative.


La chaussure dans la gueule. Les jeux olympiques. Merde les jeux Olympiques. La grande barre à gauche, le vaisseau bleu révèle subitement les rayures rouges des états-unis; pendant que la moitié crève de faim, l'autre perds l'équilibre. Ha! le peuple s'y perd. Le peuple est perdu. Plus personne n'est du peuple. Le peuple se travesti gratis des paillettes d'illusion télévisées, le peuple tapine sur les trottoirs d'une gloire inaccessible, le peuple se brade sur e-bay. Tandis qu'ailleurs, far far away, d'autres s'entretuent pour des cailloux. Mais on vire à gauche a dit le capitaine, on évitera le grand mur. Ayez confiance. Confiance. Et priez un peu, ça fait jamais de mal. La paix universelle. Le grand tout Amour, amen. Amour, gloire et désespoir. Tous ensemble, sauf les banquiers. Et les arracheurs de dents. Et ça passe à l'aise. Z'auraient tord de se priver les chéris. Noter bien, y a toujours plus mal que soi. Du moment qu'on regarde surtout les détails. La télé réalité nous sauve des analyses hors de prix pour nos cerveaux emmitouflés. Les jeux et peoples tiennent bien l'assistance. Qui en oublie de venir, du coup. On peut bien claquer là, à nos pieds, tout le monde s'en fout. Le syndrome machin qui fait que personne ne sent directement responsable au milieu d'une foule. Et ça tombe bien, la foule grouille encore, tient bien chaud dans les rues où nos vagabonds crèvent de froid. Menant à bien leur seule fonction sociale: rappeler à chacun ce qu'il a à perdre. Ha! L'injustice. Oui, oui, on connait. Justement! Merci! Y en a un sacré lot pour chaque jour de l'année. J'vais pas sauver le monde à moi tout seul tout de même, mais je trierai mes déchets. Promis. Et la peur bordel de merde. Cette putain de peur qui suinte les pixels de partout. Les joueurs de loto se retrouvent tous devant l'écran pour les tirages quotidiens, et j'applaudis bien haut l'administration communale. La 3ème révolution nous prend par la gorge. La planète est moins bon public que nous, pauvres cons. Faisons mine de penser. Yes, we can. On peut continuer à croire qu'avec un peu de chance on finira tous bobos, écolos, végétariens et heureux. Oui, on peut faire comme ça.


La chaussure dans la gueule, tout de même, hein.

C'est déjà un début.



03:34 Écrit par skoliad dans Des raisons de révolte. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/02/2009

Que sont-ils devenus ?



11:07 Écrit par skoliad dans Des raisons de révolte. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/02/2009

Armes, trafic et raison d'état.

 

http://video.google.com/videoplay?docid=8438440676945848863&hl=fr

http://video.google.com/videoplay?docid=7190125131145035616&hl=fr

 

"Les armes légères tuent mille personnes par jour. Elles permettent les viols. Gangrènent pour longtemps des sociétés entières.

Elles sont vendues, revendues, échangées au mépris du droit international. Elles échouent par milliers aux mains de dictatures sanguinaires, de bandes armées incontrôlées, de gouvernements génocidaires.

Le commerce des armes a lieu dans une zone grise de la mondialisation. Là où les bandits et les ’non-state actors’, les milices paramilitaires aux intérêts troubles, servent parfois les buts occultes des gouvernements.

C’est dans cette zone obscure des échanges commerciaux que nous avons mené l’enquête.

Nous sommes allés au coeur des combats en République Démocratique du Congo, là où la dissémination des armes a généré les plus grandes pertes civiles depuis la seconde guerre mondiale : 5 millions de morts en dix ans. Dans le plus grand silence. Théoriquement, le pays est soumis à un embargo strict. Pas une balle, pas un fusil ne devrait arriver dans la région. Nous avons rencontré les bandes armées. Elles nous ont avoué payer leurs Kalashnikovs avec le minerai précieux revendu à l’Occident.

Tout au long du film, nous avons rendu compte du travail d’un groupe d’enquêteurs liés à Amnesty International et Oxfam. Avec des méthodes comparables à celles des services de renseignement, ils pistent le chemin des armes sur le tarmac des aéroports et dans des bases de données informatiques, ils interrogent des chefs de milice, des trafiquants repentis. Leur enquête bouclée, ils dénoncent les pays qui violent les embargos, identifient les intermédiaires opaques qui changent de pays et de passeport au gré de leurs business.

Pourra-t-on mettre un frein au commerce de la mort ? C’est le but des militants de Amnesty, Oxfam et IANSA qui se battent pour un traité international. Nous les avons suivi jusque dans les couloirs de l’ONU au coeur de leur lobbying. Et nous avons découvert que leurs adversaires les plus acharnés ne sont pas les états voyous. Ils occupent même un siège de choix au Conseil de Sécurité."

 

 

 

Pour aller plus loin, une voix:

http://premiereslignes.blogs.nouvelobs.com/

23:28 Écrit par skoliad dans Des raisons de révolte. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |